CRUCIFIÉ AVEC LE CHRIST

Lectio Divina thématique


Crucifié avec le Christ


Paul est uni à la souffrance du Christ.

 

Dès sa conversion, le Christ annonce à Paul qu’Il lui montrera ce qu’il devra souffrir pour son Nom (Ac 9, 16). Ce message du Christ a imprégné toute la vie de l’Apôtre. Il lui a donné courage et force ; il lui a fait comprendre qu’elle était la valeur de cette union à sa Passion et comment il pourrait parfaire ce qui manquait encore à sa totale configuration à la Passion du Christ.

 

Ces  textes majeurs soulignent cette union au Christ, à sa Passion, à ses souffrances, au combat qu’Il doit encore subir à partir des forces du mal jusqu’à la fin des temps,

tout en étant assuré de la Victoire du Christ et de son Règne sans fin.



RÉFÉRENCES BIBLIQUES À LIRE ET À PRIER :


A.   Ac 9, 1 - 31          Col 1, 13 - 20           He 10, 32 - 39

      1 Co 1, 20 - 25       Col 1, 24 - 29           Jc 1, 2 - 4

     1 Co 1, 23             2 Co 1, 3 - 7           1 P 3, 13 - 17

      1 Co 2, 1 - 5           2 Co 4, 8 - 14           Mt 5, 10 - 16

     1 Co 2, 7 - 9          Is 50, 4 - 10           Mt 10, 24 - 25

     Col 1, 20               Si 2, 1 - 11             1 P 4, 12 - 16

 


B.   Ga 6, 14               Ga 6, 12 - 16           Rm 6, 10 - 11

      Ga 2, 19 - 20         Ep 4, 32 à 5, 2        Rm 6, 4

      Ga 3, 1b               Ph 2, 1 - 11             2 Tm 2, 3 - 13

      Ga 5, 16 à 6, 2      Rm 6, 1 - 11            Ep 6, 10 - 20

 




TEXTES DE RÉFLEXION ET DE MÉDITATION :

Ces textes peuvent être lus à différents moments de la journée, après les deux premières lectures des références bibliques. Vous pouvez très bien n'en lire qu'un, ou qu'une partie.

 

 

« Nous t’adorons, toi le Très Haut,

Tu t’es abaissé et tu nous as élevés,

Tu t’es humilié et tu nous as honorés,

Tu t’es fait pauvre et tu nous as enrichis,

Tu fus prisonnier et tu nous as libérés,

Tu fus souffleté comme un esclave et tu nous as affranchis,

Tu fus dépouillé de tes vêtements et tu nous as revêtus,

Tu fus attaché à une colonne et tu nous as détachés de nos liens,

Tu fus crucifié et tu nous as sauvés,

Tu goûtas le vinaigre et tu nous as abreuvés de douceur,

Tu fus couronné d’épines et tu nous as fait rois,

Tu mourus et tu nous as fait vivre,

Tu fus mis au tombeau et tu nous as réveillés,

Tu ressuscitas dans la gloire et tu nous as donné la joie,

Tu t’es revêtu de gloire et tu nous as remplis d’admiration,

Tu t’es élevé au ciel et tu nous y as emportés,

Tu y sièges dans la gloire et tu nous as élevés,

Tu nous envoyas l’Esprit Saint et tu nous as sanctifiés,

Sois béni, toi qui viens tout rayonnant de bonté ! »

 

Cette prière, extraite de la liturgie maronite, peut nous aider à contempler la Croix du Christ, comme saint Paul nous y invite fortement. Dans cette contemplation de Jésus crucifié, il ne s’agit pas d’être simple spectateur. En effet, contempler ce n’est pas regarder de l’extérieur, ce n’est pas assister à un spectacle. Il s’agit de participer à ce qui se passe, d’y communier. La contemplation n’est pas une impression sensible, c’est une réalité. Il s’agit de communier à ce que Jésus a vécu pour nous, de ne faire qu’un avec Celui qui nous conduit ainsi au Père. Vivre en Jésus Christ, c’est le suivre et non pas seulement regarder ce qu’il a fait pour nous ; le suivre sur ce chemin de gloire qui passe par la Croix. Il ne s’agit donc pas de regarder Jésus crucifié et de se contenter de se lamenter, il s’agit de se laisser saisir par ce mystère de la Croix du Christ qui devient notre mystère.

 Si nous voulons vivre la communion avec le Christ, nous devons aussi communier au Christ crucifié. N’oublions pas que, si la Croix du Christ est ce qu’il y a de plus original au cœur de notre foi (à tel point que c’est une folie pour les Grecs et un scandale pour les Juifs), elle est pour nous le signe du plus grand amour. Si nous avons du mal à croire être aimés de Dieu, ou à nous laisser aimer par Dieu, il faut regarder la Croix. Cette expérience-là, saint Paul l’a vécue sur le chemin de Damas. Bien sûr, c’est Jésus ressuscité qui lui est apparu, Jésus glorifié dans la lumière de la Gloire divine. Mais lorsque Jésus se nomme, il lui dit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes ». Paul fait l’expérience de la communion de Jésus ressuscité avec tous ceux qui sont persécutés, tous ceux qui sont éprouvés. Il comprend que lorsqu’il persécute les disciples, c’est bien Jésus qu’il atteint. D’autre part, si Jésus vient rejoindre Paul dans son état de pécheur, c’est bien un fruit de la Croix.

 Si nous voulons vivre la communion avec le Christ, nous devons aussi communier au Christ crucifié. N’oublions pas que, si la Croix du Christ est ce qu’il y a de plus original au cœur de notre foi (à tel point que c’est une folie pour les Grecs et un scandale pour les Juifs), elle est pour nous le signe du plus grand amour. Si nous avons du mal à croire être aimés de Dieu, ou à nous laisser aimer par Dieu, il faut regarder la Croix. Cette expérience-là, saint Paul l’a vécue sur le chemin de Damas. Bien sûr, c’est Jésus ressuscité qui lui est apparu, Jésus glorifié dans la lumière de la Gloire divine. Mais lorsque Jésus se nomme, il lui dit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes ». Paul fait l’expérience de la communion de Jésus ressuscité avec tous ceux qui sont persécutés, tous ceux qui sont éprouvés. Il comprend que lorsqu’il persécute les disciples, c’est bien Jésus qu’il atteint. D’autre part, si Jésus vient rejoindre Paul dans son état de pécheur, c’est bien un fruit de la Croix.
 

Oui, la Croix est le lieu du plus grand amour. Rappelez-vous cette parole dans l’Evangile selon Saint Jean : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Si la Croix est notre signe, c’est parce que c’est le signe du plus grand amour. Devant notre péché, la réponse de Jésus c’est le don de lui-même. Ce n’est pas notre condamnation, mais notre rédemption.

La Croix, signe de mort, devient pour nous, chrétiens, le lieu de notre naissance. C’est pourquoi nous portons la Croix du Christ, nous nous signons de la Croix du Christ. Ce qui semble être la fin de Jésus (rappelez-vous ce qu’en pensaient les disciples d’Emmaüs qui quittaient Jérusalem), est en réalité notre commencement. Là où la croix signe l’échec à vue humaine, elle est en réalité la victoire.

Si la Croix du Christ est un scandale pour les Juifs, c’est parce que dans l’Ancien Testament, il y avait une malédiction liée à ceux qui mouraient de cette manière-là. Cela permettra à Saint Paul de dire que Jésus a pris sur lui notre péché et l’a cloué sur la croix, qu’il a subi la mort la plus infâmante, non en raison de ses propres péchés évidemment, mais en portant notre péché. Contempler la Croix, ce n’est pas seulement, (même si cela peut passer par là), faire la somme de toutes les souffrances physiques, c’est contempler la plus haute expression de l’amour de Dieu pour nous.

 Saint Paul fera lui-même l’expérience de la croix dans son propre ministère. Vous avez pu relever cette parole au chapitre 9 des Actes des Apôtres : « Je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom ». Cela nous renvoie au sens de la Croix du Christ. Pourquoi Jésus a-t-il accepté d’aller jusqu’à la mort sur la croix ? Le Tentateur au désert avait suggéré à Jésus d’autres moyens. Mais Jésus avait renoncé à toutes ces séductions. Il n’est pas venu pour séduire, c’est-à-dire pour tromper ; il est venu pour aimer. Refusant que nous perdions notre liberté, que nous devenions esclaves, il ne veut qu’une chose : que librement nous accueillions l’amour de Dieu. C’est parce que Jésus a voulu que nous l’aimions librement qu’il a accepté d’aller jusqu’à la croix. La Croix du Christ est donc le signe de notre liberté et la source de notre liberté. Il n’y a pas de salut sans un choix libre d’accueillir ce salut. Jésus ne nous contraint pas. Il veut que nous l’aimions et, qu’en lui, nous aimions le Père librement, de tout notre cœur. C’est pourquoi Jésus a refusé le langage de la séduction, de la tromperie. L’Apocalypse nomme Satan, le Séducteur du monde entier, celui qui veut tromper. Jésus ne nous trompe pas. Parce qu’il veut que nous le choisissions librement, que nous nous engagions tout entiers dans le choix de son amour, il a accepté d’aller jusqu’à la croix.

Ce que Jésus a vécu, c’est ce que le disciple doit vivre dans son annonce de l’Evangile. Si Paul doit souffrir pour le nom du Christ, s’il doit vivre son annonce de l’Evangile en passant par la croix, c’est parce que le témoin de la Bonne Nouvelle ne peut annoncer le Christ que dans cette invitation à un choix libre. Il n’y a pas de séduction dans l’annonce de l’Evangile. Dans la première Epître aux Corinthiens, saint Paul le précise : « Quand je me suis présenté à vous, je ne vous ai pas parlé par des discours persuasifs de la sagesse », autrement dit : « je n’ai pas cherché à vous séduire ». La Parole de Dieu ne cherche pas à séduire, elle suscite notre liberté. Elle nous invite à nous engager tout entiers parce qu’on ne peut pas être contraints à aimer. Or ce que Dieu veut pour nous, c’est que nous l’aimions de tout notre cœur. La Croix du Christ nous permet de faire ce choix fondamental, profond, d’aimer.


Il y a, dans la lectio de ce jour, deux textes dont le sens n’est pas toujours évident et qui risquent d’être mal compris :

 

Col 1, 24 : Ce verset comporte une difficulté de traduction. La traduction habituelle : « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Eglise » n’est pas tout à fait exacte. On risque de mal en comprendre le sens et d’imaginer que Jésus n’a pas tout accompli sur la Croix. Il convient de la traduire de la manière suivante : « Je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son Corps, qui est l’Eglise ». Cela correspond à la petite introduction de la Lectio de ce jour : Saint Paul peut encore parfaire, compléter, ce qui manque en lui à sa totale configuration à la Passion du Christ, pour son Corps qui est l’Eglise. Il y a plusieurs manières d’être témoins de l’amour de Dieu pour nous. On peut le faire par la parole, par des actes ; on peut le faire aussi, profondément, en se laissant unir complètement au Christ dans sa Passion, c’est-à-dire en aimant ceux qui nous entourent, en aimant les hommes, comme lui les a aimés. Etre pleinement configuré au Christ dans sa Passion, c’est ce qu’il reste encore à Paul à compléter. C’est sa grande découverte. Or, quand il écrit l’épître aux Colossiens, il est en prison.

 

 

Ph 2, 1-11 : Quand Paul rédige l’épître aux Philippiens, il est également emprisonné pour l’Evangile. Petit à petit, il s’ouvre au paradoxe suivant : lui est emprisonné, mais la Parole de Dieu, elle, ne peut jamais être enchaînée. Pour bien comprendre la situation de Paul au moment de la rédaction de cette épître, il faut se rappeler l’évangélisation de Philippe, rapportée par saint Luc dans les Actes des Apôtres. Paul y avait été emprisonné et libéré miraculeusement. À présent, il est à nouveau emprisonné, mais il n’y a plus d’ange pour venir le libérer. Il reste dans sa prison. Nous comprenons par le contenu de son épître qu’il est sous la menace d’une condamnation à mort et qu’il ignore l’issue de son procès. C’est déjà une première épreuve. Mais il y a une épreuve plus dure qu’il va vivre dans sa prison, et dont il fait état au chapitre 1 de son épître. En effet, certains des chrétiens que Paul avait engendrés à la foi commencent à se détourner de lui, justement parce qu’il est en prison. Dans le monde grec, celui qui parle au nom d’une divinité doit être soutenu par cette divinité. Paul qui parle au nom du Christ, doit donc être soutenu par le Christ. Certains se disent que si Paul n’est pas libéré miraculeusement, c’est peut-être qu’il n’est pas un digne porte-parole du Christ.

Voilà l’épreuve qu’il vit : non seulement il souffre pour l’Evangile, mais il souffre aussi d’être abandonné par ceux qu’il a aimés puisqu’il les a engendrés à la foi chrétienne. C’est certainement dans cette prison d’où il écrit aux Philippiens que Paul va creuser davantage le mystère du Christ. Il comprend que l’épreuve qu’il traverse contribue à le configurer au Christ. S’il veut être témoin du Christ, il peut l’être dans la force, dans la puissance, dans une parole donnée, il peut l’être aussi en se laissant identifier, configurer au Christ. C’est alors qu’il reprend l’une des hymnes des tout premiers chrétiens, et qu’il l’adapte : l’hymne aux Philippiens. Le Christ a vécu cette attitude intérieure du don total. La croix est l’expression de ce don total : « Lui, de condition divine, ne revendique rien pour lui-même, mais il s’est anéanti prenant condition d’esclave, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix… » Le parcours de Jésus devient celui du disciple. Ce que Jésus a vécu pour nous, donne sens à l’épreuve apostolique que vit Saint Paul. Il comprend cette fécondité paradoxale : s’il accepte de vivre cette épreuve en communion avec le Christ, cette épreuve peut alors porter du fruit. J’ai de bonnes raisons de penser qu’à ce moment-là Paul a pu se rappeler un certain martyr qui avait accepté de donner sa vie sans condamner ceux qui le frappaient : Etienne. Or, Paul était présent au martyre d’Etienne. Saint Paul comprendra qu’il y a, dans sa conversion, quelque chose comme le fruit du martyre d’Etienne. Le sang des martyrs est semence de chrétiens.

Il ne s’agit pas de rechercher les épreuves ou les difficultés. Mais si nous acceptons de faire de chaque moment de notre existence une grande communion avec le Christ, y compris des moments les plus difficiles, alors plus rien dans notre vie ne pourra nous empêcher de lui être configurés. Il y a, dans tout ce que nous acceptons de donner de notre vie, une fécondité, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte.

 

La Croix du Christ nous invite à nous configurer totalement à lui, à lire de cette manière tout ce qui fait notre existence, nos joies, nos épreuves, les difficultés de la mission, les tentations de découragement. Cela nous renvoie à un choix, à notre liberté. Nous pouvons, à chaque moment, dans chaque situation, accepter de tout vivre en communion avec le Christ.

 

 

BENOÎT XVI (catéchèse du 29 octobre 2008) : Dans l'expérience personnelle de saint Paul se trouve un fait incontestable: alors qu'au début il avait été un persécuteur et avait utilisé la violence contre les chrétiens, à partir du moment de sa conversion sur le chemin de Damas, il passa du côté du Christ crucifié, en faisant de celui-ci la raison de sa vie et le motif de sa prédication. Son existence fut entièrement dépensée pour les âmes (cf. 2 Co 12, 15), et ne fut pas du tout calme ni à l'abri des embûches et des difficultés. Lors de sa rencontre avec Jésus lui était clairement apparue la signification centrale de la Croix: il avait compris que Jésus était mort et était ressuscité pour tous et pour lui-même. Les deux choses étaient importantes; l'universalité: Jésus est mort réellement pour tous, et la subjectivité: Il est mort également pour moi. Dans la Croix s'était donc manifesté l'amour gratuit et miséricordieux de Dieu. C'est tout d'abord en lui-même que Paul fit l'expérience de cet amour (cf. Ga 2, 20), et de pécheur il devint croyant, de persécuteur apôtre. Jour après jour, dans sa nouvelle vie, il se rendait compte que le salut est "grâce", que tout provient de la mort du Christ et non de ses mérites, qui du reste n'existaient pas. L'"évangile de la grâce" devint ainsi pour lui l'unique façon de comprendre la Croix, non seulement le critère de sa nouvelle existence, mais aussi la réponse à ses interlocuteurs. Parmi ceux-ci se trouvaient tout d'abord les juifs, qui plaçaient leur espérance dans les œuvres et en espéraient le salut; il y avait ensuite les grecs, qui opposaient leur sagesse humaine à la Croix; et enfin il y avait des groupes d'hérétiques qui s'étaient formé leur propre idée du christianisme selon leur modèle de vie.

Pour saint Paul, la Croix a un primat fondamental dans l'histoire de l'humanité; elle représente le point central de sa théologie, car dire Croix signifie dire salut comme grâce donnée à chaque créature. Le thème de la Croix du Christ devient un élément essentiel et primordial de la prédication de l'Apôtre: l'exemple le plus clair concerne la communauté de Corinthe. Face à une Eglise où étaient présents de manière préoccupante des désordres et des scandales, où la communion était menacée par des partis et des divisions internes qui fissuraient l'unité du Corps du Christ, Paul se présente non pas avec une sublimité de parole ou de sagesse, mais avec l'annonce du Christ, du Christ crucifié. Sa force n'est pas le langage persuasif mais, paradoxalement, la faiblesse et l'impatience de celui qui ne se remet qu'à la "puissance de Dieu" (cf. 1 Co 2, 1-4). La Croix, en raison de tout ce qu'elle représente, et donc également en raison du message théologique qu'elle contient, est scandale et folie. L'apôtre l'affirme avec une force impressionnante, qu'il est bon d'écouter avec ses propres paroles:  "Car le langage de la Croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu (...) il a plu a Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Evangile. Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens" (1 Co 1, 18-23).