LD semaine du 5 au 11 avril 2009

LD 16  – 1ère épître aux Corinthiens – SEMAINE 10

SEMAINE SAINTE


« je vous ai transmis ce que j’avais moi-même reçu :

le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures

il a été mis au tombeau

il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures,

il est apparu à Céphas, puis aux Douze… » (1 Co 15,3-5)


 



LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE DURANT LA SEMAINE SAINTE

 

Du Dimanche des Rameaux jusqu’au Mercredi saint, nous poursuivons notre lecture continue  de la 1ère épître aux Corinthiens. L’évocation de la Dernière Cène par saint Paul, au chapitre 11, nous prépare particulièrement bien au Triduum Pascal.

 

Du Jeudi-Saint à la Vigile Pascale, nous interrompons cette lecture continue pour vous proposer des textes bibliques et des méditations permettant de méditer sur le Mystère Pascal célébré ces jours-ci.

 
La Célébration de la Pâque du Christ nous enseigne que le chrétien dans l'Eglise doit mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui. Et elle ne fait pas que l'enseigner, comme on montrerait du doigt quelque chose que l'on ne tient pas en son pouvoir. Elle l'opère. La Pâque, c'est le Christ qui est mort et ressuscité, une fois, nous faisant mourir de sa mort et nous ressuscitant à sa vie. Ainsi la Pâque n'est-elle pas une simple commémoration; elle est la Croix et le Tombeau vide rendus présents. Mais maintenant ce n'est plus le Chef qui doit s'étendre sur la croix pour se relever du tombeau; c'est son corps, l'Eglise, et dans ce corps c'est chacun de ses membres que nous sommes. Louis BOUYER  



 




DIMANCHE 5 AVRIL 2009

             

 Lecture suivie : 1 Co 10, 14 à 11, 1    «  faites tout pour la gloire de Dieu »

 Référence complémentaire : Première épître de saint Pierre (1 P 4, 7 – 11) 

La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres en vue de la prière. Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés. Pratiquez l'hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer. Chacun selon la grâce reçue, mettez-vous au service les uns des autres, comme de bons intendants d'une multiple grâce de Dieu. Si quelqu'un parle, que ce soit comme les paroles de Dieu ; si quelqu'un assure le service, que ce soit comme par un mandat reçu de Dieu, afin qu'en tout Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui sont la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

LUNDI 6 AVRIL

 

Lecture suivie : 1 Co 10, 14 à 11, 1    «  faites tout pour la gloire de Dieu »

Texte de méditation : SAINT BASILE DE CÉSARÉE (Homélies)

Il ne faut pas restreindre ta prière à la seule demande en paroles. Dieu, en effet, n'a pas besoin qu'on lui tienne de discours ; il sait, même si nous ne demandons rien, ce qui nous est utile. Qu'est-ce à dire ? La prière ne consiste pas en formules ; elle englobe toute la vie. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l'apôtre Paul, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co 10,31). Es-tu à table ? Prie : en prenant ton pain, remercie celui qui te l'accorde ; en buvant ton vin, souviens-toi de celui qui t'a fait ce don pour te réjouir le cœur et soulager tes misères. Le repas terminé, n'oublie pas pour autant le souvenir de ton bienfaiteur. Quand tu mets ta tunique, remercie celui qui te la donne ; quand tu mets ton manteau, témoigne de l'affection à Dieu qui nous fournit des vêtements appropriés pour l'hiver et l'été, et pour protéger notre vie. Le jour terminé, remercie celui qui t'a donné le soleil pour les travaux de la journée et le feu pour éclairer la nuit et pour pourvoir à nos besoins. La nuit te fournit des motifs d'actions de grâces ; en regardant le ciel et en contemplant la beauté des étoiles, prie le Maître de l'univers qui a fait toutes choses avec tant de sagesse. Lorsque tu vois toute la nature endormie, adore encore celui qui nous soulage par le sommeil de toutes nos fatigues et nous rend par un peu de repos la vigueur de nos forces. Ainsi tu prieras sans relâche, si ta prière ne se contente pas de formules et si au contraire tu te tiens uni à Dieu tout au long de ton existence, de manière à faire de ta vie une prière incessante.

 

 

MARDI 7 AVRIL

 

Lecture suivie : 1 Co 11, 2 – 34  « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang »

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 9, 11 – 15)

Le Christ, lui, survenu comme grand prêtre des biens à venir, traversant la tente plus grande et plus parfaite qui n'est pas faite de main d'homme, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création, entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. Si en effet du sang de boucs et de taureaux et de la cendre de génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, les sanctifient en leur procurant la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui par un Esprit éternel s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour que nous rendions un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour racheter les transgressions de la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l'héritage éternel promis.

 

                                 

MERCREDI 8 AVRIL

 
Lecture suivie : 1 Co 11, 2 – 34 « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang »

  Texte de méditation : FULGENCE DE RUSPE (Contre Fabien:

Le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée, et que mémoire soit faite de celui qui a donné sa vie pour nous. Or lui-même a dit : « Nul n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Puisque le Christ est donc mort par amour pour nous, nous demandons, à l’instant du sacrifice où nous faisons mémoire de sa mort, que la charité nous soit accordée par la venue de l’Esprit Saint.

La participation même au corps et au sang du Seigneur, quand nous mangeons le pain et buvons le calice, doit faire entrer puissamment dans notre âme le désir de mourir au monde, de tenir notre vie cachée avec le Christ en Dieu, et de crucifier notre chair avec ses vices et ses convoitises. Ainsi arrivera-t-il que tous les fidèles, à condition d’aimer Dieu et le prochain – même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle – boiront le calice de la charité du Christ. Enivrés de ce calice, ils mortifieront leurs membres qui sont sur la terre. Ayant revêtu le Seigneur Jésus Christ, ils n’auront plus souci des choses de la chair qui les entraînerait à ses convoitises ; et ils contempleront non les choses visibles, mais les invisibles.

 

 

JEUDI 9 AVRIL – JEUDI SAINT

 

    Lecture biblique pour le Jeudi Saint : Jn 6, 22 – 59    « Je suis le pain de Vie »

   Texte de méditation : BENOÎT XVI (Audience

La communion - fruit de l'Esprit Saint - est nourrie par le Pain eucharistique (cf. 1 Co 10, 16-17) et s'exprime dans les relations fraternelles, dans une sorte d'anticipation du monde futur. Dans l'Eucharistie, Jésus nous nourrit, il nous unit à Lui-même, au Père, à l'Esprit Saint et entre nous, et ce réseau d'unité qui embrasse le monde est une anticipation du monde futur dans notre temps. Précisément ainsi, étant une anticipation du monde futur, la communion est un don ayant également des conséquences très réelles, elle nous fait sortir de nos solitudes, de nos fermetures sur nous-mêmes, et nous fait participer à l'amour qui nous unit à Dieu et entre nous. Il est facile de comprendre combien ce don est grand, si l'on pense seulement aux divisions et aux conflits qui touchent les relations entre les individus, les groupes et les peuples entiers. Et s'il manque le don de l'unité dans l'Esprit Saint, la division de l'humanité est inévitable. La "communion" est vraiment la bonne nouvelle, le remède qui nous a été donné par le Seigneur contre la solitude qui aujourd'hui menace chacun, le don précieux qui fait que nous nous sentons accueillis et aimés en Dieu, dans l'unité de son Peuple rassemblé au nom de la Trinité; elle est la lumière qui fait resplendir l'Eglise comme signe dressé parmi les peuples (cf. 1 Jn 1, 6sq). L'Eglise se révèle ainsi, en dépit de toutes les fragilités humaines qui appartiennent à sa physionomie historique, une merveilleuse création d'amour, faite pour rendre le Christ proche de chaque homme et de chaque femme qui désire vraiment le rencontrer, jusqu'à la fin des temps. Et dans l'Eglise, le Seigneur demeure toujours notre contemporain.

 

 

VENDREDI 10 AVRIL – VENDREDI SAINT
 

Lecture biblique pour le Vendredi Saint :  1 Co 1, 17 – 31  «  le Christ crucifié »

 Texte de méditation : SAINT THÉODORE LE STUDITE  (La Croix, arbre de la Vie)

Quel don infiniment précieux que la Croix ! Oui, comme sa vue est belle ! La beauté qu'elle nous présente n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d'Eden. Elle est tout entière admirable et belle à voir et à partager. En effet, c'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l'Eden, elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, en délivrant le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le dragon mauvais. Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompés par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte ! C'est avec à-propos que l'Apôtre s'est écrié : Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ par qui le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde ! Car cette sagesse au-dessus de toute sagesse, qui a fleuri sur la croix, a rendu stupides les prétentions de la sagesse du monde. La connaissance de tout bien qui a fructifié sur la croix a retranché les bourgeons du mal.

 

 

SAMEDI 11 AVRIL – SAMEDI SAINT
 

Lecture biblique pour le Samedi Saint : Epître aux Hébreux (He 4,1-13) « Le repos »

Texte de méditation : HOMÉLIE ANCIENNE : Un grand silence règne sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Christ notre Roi dort. La terre a tremblé et s'est calmée parce que Dieu s'est endormi dans la chair et qu'il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. C'est le Premier homme, Adam, qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui, Lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Au milieu des ténèbres de ce lieu des morts, un pas se fait entendre ; Adam y reconnaît les pas de Celui qui se promenait à la brise du soir, au jardin du Paradis ; il se redresse, et à ses compagnons de captivité, il dit : Reprenez courage, j'entends le bruit des pas du Bien-Aimé, il vient; il est tout proche celui qui vient nous sauver. "Viens, Seigneur Jésus, viens nous relever". Au milieu de la nuit, un cri s'est fait entendre : "Voici l'Époux qui vient ; venez à sa rencontre". Le Seigneur est descendu aux enfers, il s'est avancé vers tous ceux qui étaient plongés dans les ténèbres de la mort ; il s'est avancé vers eux muni de sa croix, l'arme de sa victoire. Adam, le premier homme se frappant la poitrine dans sa stupeur, s'écria vers tous les autres : "Mon Seigneur avec nous tous !" Et le Christ répondit à Adam : "Et avec ton esprit". Jésus le prend par la main et le relève en disant : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera. "Je suis ton Dieu, et à cause de toi, je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, relève-toi, œuvre de mes mains ».

 


        Pour le texte biblique, vous pouvez consulter le Site portsaintnicolas.