RESSUSCITÉ EN JÉSUS CHRIST

Lectio Divina thématique


Ressuscité en Jésus Christ

 

Le Christ qui interpella Paul sur la route était le Seigneur ressuscité.

Le seul fait d’un appel aussi lumineux centre toute la vie de l’Apôtre sur Celui qu’il a persécuté, qui est Celui-là même qui l’a ainsi appelé.
 

Cet appel est pour Paul :
don gratuit,
mission universelle,
engagement dans le corps apostolique dont il se dit le « dernier des Apôtres. »

 

Ce ne fut pas une simple rencontre. Ce fut une union profonde avec le Christ mort et ressuscité pour notre Salut.

Ce fut une manifestation de l’amour du Père,

une expérience de l’Esprit Saint dont le Christ lui annonce le don, ce don qui le remplira.

 

Paul a vu la vie nouvelle avec le Christ comme une vie du Christ en nous : une vie de ressuscité, dès ici-bas, dans le Christ ressuscité.

Toute sa pensée, comme sa vie et sa prédication, est marquée par cette présence et cette force du Christ Seigneur.





RÉFÉRENCES BIBLIQUES À LIRE ET À PRIER :


A.   Ac 9, 3 - 7

      Ac 9, 10 - 20

      1 Co 15, 1 - 28

       1 Co 15, 35 - 58

      2 Co 5, 17 à 6, 2

 

 

B.   Ep 1, 17 - 23

      Ep 2, 1 - 10

      Ep 2, 11 - 22

      Ph 2, 1 - 11

      Ph 3, 1 – 14

 

C.   Tt 3, 4 - 7

      Rm 6, 3 - 11

      Rm 8, 11 - 17

      Col 2, 6 - 15

      Col 3, 1 - 4

      2 Co 2, 14

    


 

TEXTES DE RÉFLEXION ET DE MÉDITATION :

Ces textes peuvent être lus à différents moments de la journée, après les deux premières lectures des références bibliques. Vous pouvez très bien n'en lire qu'un, ou qu'une partie.

 

 

HOMÉLIE PASCALE ANCIENNELe Christ est mort pour que nous ayons la vie. 


Saint Paul, rappelant l'heureux événement de notre salut restitué, s'écrie: De même que par Adam la mort est entrée dans le monde, c'est ainsi que par le Christ le salut a été rendu au monde . Et encore: Pétri de terre, le premier homme vient de la terre. Le deuxième homme, lui, vient du ciel . Et il ajoute: De même que nous portons l'image de celui qui est pétri de terre , c'est-à-dire de l'homme ancien, pécheur, de même nous porterons l'image de celui qui vient du ciel , c'est-à-dire que nous posséderons dans le Christ le salut de l'homme adopté, racheté, restauré et purifié. Car le même Apôtre dit: En premier, est ressuscité le Christ , c'est-à-dire l'auteur de la résurrection et de la vie, ensuite ceux qui seront au Christ , c'est-à-dire ceux qui vivent selon son modèle de pureté: ils auront en toute sécurité l'espérance de la résurrection, car ils posséderont avec lui la gloire promise par Dieu. En effet, le Seigneur a dit dans l'Evangile: Celui qui me suivra ne périra pas, mais il passera de la mort à la vie .

Ainsi, la passion du Christ, c'est le salut de la vie humaine. Car c'est pour cela qu'il a voulu mourir pour nous: afin que, croyant en lui, nous ayons la vie sans fin. Il a voulu devenir pour un temps ce que nous sommes, afin qu'ayant reçu la promesse de l'éternité, nous vivions sans fin avec lui. 

Telle est la grâce des mystères célestes, tel est le don de la Pâque, telle est cette fête annuelle, si désirable, telle est l'aurore du monde nouveau.

C'est pourquoi les nouveau-nés, mis au monde par cet enfantement qu'est le baptême de vie donné par la sainte Église, régénérés dans la simplicité des enfants, font retentir les accents de l'innocence. C'est pourquoi des pères chastes et des mères pleines de pudeur engendrent par la foi une innombrable descendance nouvelle.

C'est pourquoi, sous l'arbre de la foi, du sein d'une source pure, brille l'éclat des cierges. C'est pourquoi ces enfants sont sanctifiés par le don d'une grâce céleste et sont nourris par le mystère d'un sacrement célébré dans l'Esprit.

C'est pourquoi, une troupe de frères, élevée sur les genoux de la sainte Eglise pour former un seul peuple, adorant la nature de la divinité unique et le nom de sa puissance en trois Personnes, s'unit au Prophète pour chanter le psaume de la solennité annuelle: Voici le jour que fit le Seigneur: qu'il soit pour nous jour de fête et de joie.

Quel est donc ce jour? Celui qui a donné naissance à la vie, qui a fait éclore le jour, l'auteur de la lumière, c'est-à-dire le Seigneur Jésus Christ en personne, qui a dit lui-même: Moi, je suis le jour; celui qui marche de jour ne trébuche pas . Autrement dit: celui qui suit le Christ en toute chose, parviendra sur ses traces au trône de l'éternelle lumière. C'est ainsi qu'aux derniers jours de sa vie mortelle lui-même a prié le Père pour nous en disant: Père, je veux que là où je suis, ceux qui ont cru en moi soient aussi; comme tu es en moi et moi en toi, qu'ils demeurent en nous .


CATÉCHÈSE DE BENOÎT XVI POUR L'ANNÉE SAINT PAUL (5 nov. 2008) : 

"Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet (...) vous n'êtes pas libérés de vos péchés" (1 Co 15, 14.17). Avec ces puissantes paroles de la première Lettre aux Corinthiens, saint Paul fait comprendre quelle importance décisive il attribue à la résurrection de Jésus. Dans cet événement, en effet, se trouve la solution du problème posé par le drame de la Croix. A elle seule, la Croix ne pourrait pas expliquer la foi chrétienne, elle resterait même une tragédie, l'indication de l'absurdité de l'être. Le mystère pascal consiste dans le fait que ce Crucifié "est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures" (1 Co 15, 4)- c'est ce qu'atteste la tradition proto-chrétienne. C'est là que se trouve la clef de voûte de la christologie paulinienne:  tout tourne autour de ce centre de gravité. Tout l'enseignement de l'apôtre Paul part de et arrive toujours au mystère de Celui que le Père a ressuscité de la mort. La résurrection est une donnée fondamentale, une sorte d'axiome préalable (cf. 1 Co 15, 12), à partir duquel Paul peut formuler son annonce (kerygma) synthétique:  Celui qui a été crucifié, et qui a ainsi manifesté l'immense amour de Dieu pour l'homme, est ressuscité et il est vivant parmi nous.

Il est ici opportun de préciser:  saint Paul, en annonçant la résurrection, ne se soucie pas d'en présenter une exposition doctrinale organique - il ne veut pas écrire une sorte de manuel de théologie -, mais il affronte le thème en répondant à des doutes et à des questions concrètes qui lui étaient présentés par les fidèles; un discours d'occasion donc, mais rempli de foi et de théologie vécue. On y trouve une concentration sur l'essentiel:  nous avons été "justifiés", c'est-à-dire rendus justes, sauvés, par le Christ mort et ressuscité pour nous. Le fait de la résurrection apparaît tout d'abord, sans lequel la vie chrétienne serait tout simplement absurde. En ce matin de Pâques, eut lieu quelque chose d'extraordinaire, de nouveau et, dans le même temps, de très concret, caractérisé par des signes bien précis, enregistrés par de nombreux témoins. Pour Paul aussi, comme pour les autres auteurs du Nouveau Testament, la résurrection est liée au témoignage de celui qui a fait une expérience directe du Ressuscité. Il s'agit de voir et de sentir non seulement avec les yeux ou avec les sens, mais également avec une lumière intérieure qui pousse à reconnaître ce que les sens extérieurs attestent comme un fait objectif. Paul accorde donc - comme les quatre Evangiles - une importance fondamentale au thème des apparitions, qui sont la condition fondamentale pour la foi dans le Ressuscité qui a laissé la tombe vide. Ces deux faits sont importants:  la tombe est vide et Jésus est apparu réellement. Ainsi se constitue cette chaîne de la tradition qui, à travers le témoignage des Apôtres et des premiers disciples, parviendra aux générations successives, jusqu'à nous. La première conséquence, ou la première manière d'exprimer ce témoignage, est de prêcher la résurrection du Christ comme synthèse de l'annonce évangélique et comme point culminant d'un itinéraire salvifique.

Paul effectue tout cela en plusieurs occasions:  on peut consulter les Lettres et les Actes des apôtres, où l'on voit toujours que le point essentiel pour lui est d'être témoin de la résurrection. Je ne voudrais citer qu'un seul texte:  Paul, arrêté à Jérusalem, se trouve devant le sanhédrin en tant qu'accusé. En cette circonstance, dans laquelle est en jeu pour lui la mort ou la vie, il indique quel est le sens et le contenu de toute sa prédication:  "C'est à cause de notre espérance en la résurrection des morts que je passe en jugement" (Ac 23, 6). Paul répète sans cesse ce même refrain dans ses Lettres (cf. 1 Th 1, 9sq; 4, 13-18; 5, 10), dans lesquelles il fait aussi appel à son expérience personnelle, à sa rencontre personnelle avec le Christ ressuscité (cf. Ga 1, 15-16; 1 Co 9, 1).

Mais nous pouvons nous demander:  quel est pour saint Paul le sens profond de l'événement de la résurrection de Jésus? Que nous dit-il à nous, deux mille ans plus tard? L'affirmation "le Christ est ressuscité", est-elle actuelle pour nous également? Pourquoi la résurrection est-elle pour lui et pour nous aujourd'hui un thème aussi déterminant? Paul donne solennellement une réponse à cette question au début de la Lettre aux Romains, où il commence en disant:  "Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils:  selon la chair, il est né de la race de David, selon l'Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d'entre les morts" (Rm 1, 3-4). Paul sait bien, et il le dit de nombreuses fois, que Jésus a toujours été le Fils de Dieu, dès le moment de son incarnation. La nouveauté de la résurrection consiste dans le fait que Jésus, élevé de l'humilité de son existence terrestre, est constitué Fils de Dieu "dans sa puissance". Jésus, humilié jusqu'à la mort sur la croix, peut à présent dire aux Onze:  "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre" (Mt 28, 18). Ce que dit le Psaume 2, 8 s'est réalisé:  "Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière". C'est pourquoi avec la résurrection commence l'annonce de l'Evangile du Christ à tous les peuples - commence le Royaume du Christ, ce nouveau Royaume qui ne connaît d'autre pouvoir que celui de la vérité et de l'amour. La résurrection révèle donc définitivement quelle est l'identité authentique et la stature extraordinaire du Crucifié. Une dignité incomparable et très élevée:  Jésus est Dieu! Pour saint Paul, l'identité secrète de Jésus se révèle dans le mystère de la résurrection plus encore que dans l'incarnation. Alors que le titre de Christ, c'est-à-dire de "Messie", "Oint", tend chez saint Paul à devenir le nom propre de Jésus et celui de Seigneur spécifie son rapport personnel avec les croyants, à présent le titre de Fils de Dieu vient illustrer la relation intime de Jésus avec Dieu, une relation qui se révèle pleinement dans l'événement pascal. On peut donc dire que Jésus est ressuscité pour être le Seigneur des morts et des vivants (cf. Rm 14, 9; et 2 Co 5, 15) ou, en d'autres termes, notre Sauveur (cf. Rm 4, 25).

Tout cela comporte d'importantes conséquences pour notre vie de foi:  nous sommes appelés à participer jusqu'au plus profond de notre être à tout l'événement de la mort et de la résurrection du Christ. L'Apôtre dit:  nous sommes "passés par la mort avec le Christ" et nous croyons que "nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet:  ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir" (Rm 6, 8-9). Cela se traduit par un partage des souffrances du Christ, qui prélude à cette pleine configuration avec Lui à travers la résurrection, à laquelle nous aspirons dans l'espérance. C'est ce qui est arrivé également à saint Paul, dont l'expérience personnelle est décrite dans les Lettres avec des accents à la fois poignants et réalistes:  "Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts" (Ph 3, 10-11; cf. 2 Tm 2, 8-12). La théologie de la Croix n'est pas une théorie - elle est la réalité de la vie chrétienne. Vivre dans la foi en Jésus Christ, vivre la vérité et l'amour implique des renoncements quotidiens, implique des souffrances. Le christianisme n'est pas la voie de la facilité; il est plutôt une ascension exigeante, cependant éclairée par la lumière du Christ et par la grande espérance qui naît de Lui. Saint Augustin dit:  aux chrétiens n'est pas épargnée la souffrance, au contraire ils leur en revient en peu plus en partage, parce que vivre la foi exprime le courage d'affronter la vie et l'histoire plus en profondeur. Toutefois, ce n'est qu'ainsi, en faisant l'expérience de la souffrance, que nous connaissons la vie dans sa profondeur, dans sa beauté, dans la grande espérance suscitée par le Christ crucifié et ressuscité. Le croyant se trouve donc placé entre deux pôles:  d'un côté, la résurrection qui d'une certaine manière est déjà présente et à l'oeuvre en nous (cf. Col 3, 1-4; Ep 2, 6); de l'autre, l'urgence de s'insérer dans ce processus qui conduit tout et tous vers la plénitude, décrite dans la Lettre aux Romains avec une image hardie:  de même que toute la création gémit et souffre des douleurs de l'enfantement, nous aussi nous gémissons dans l'attente de la rédemption de notre corps, de notre rédemption et résurrection (cf. Rm 8, 18-23).

En résumé, nous pouvons dire avec Paul que le véritable croyant obtient le salut en professant par sa bouche que Jésus est le Seigneur et en croyant avec son coeur que Dieu l'a ressuscité des morts (cf. Rm 10, 9). Avant tout, ce qui est important, c'est le coeur qui croit dans le Christ et qui dans la foi "touche" le Ressuscité; mais il ne suffit pas de porter la foi dans son coeur, nous devons la confesser, en témoigner par notre bouche, par notre vie, en rendant ainsi présente la vérité de la croix et de la résurrection dans notre histoire. En effet, de cette manière le chrétien s'insère dans le processus grâce auquel le premier Adam, terrestre et sujet à la corruption et à la mort, se transforme progressivement en dernier Adam, céleste et incorruptible (cf. 1 Co 15, 20-22.42-49). Ce processus a commencé avec la résurrection du Christ, dans laquelle se fonde donc l'espérance de pouvoir un jour entrer nous aussi avec le Christ dans notre véritable patrie qui est aux Cieux. Soutenus par cette espérance, nous poursuivons avec courage et avec joie.

 

cf. aussi les textes proposés pour la lectio divina quotidienne de Pâques (feuille 16-8).