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LD sur Is 56-66

Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 08:49

Le chapitre 66 nous accompagnera toute cette dernière semaine de notre parcours de lectio sur le Livre d'Isaïe. Il constitue une sorte de résumé de l'ensemble des chapitres 56-66 de ce Livre prophétique. 

La parole prophétique est une parole de conversion et de discernement.

De conversion : en effet, on ne peut entrer en relation avec le Seigneur qu'en se reconnaissant "pauvre", "humble", qu'en ayant fait l'expérience de sa faiblesse et de son péché, qu'en criant vers le Seigneur pour qu'il nous sauve, qu'en désirant recevoir de lui la consolation véritable. 

De discernement : en effet, notre liberté est en jeu. Pour que le Seigneur nous sauve, pour qu'il nous console, pour qu'il fasse venir vers nous "la paix comme un fleuve", il faut que nous choisissions de ne pas compter sur nos seules forces, de ne pas nous enorgueillir de nous-mêmes, mais ne nous mettre humblement à l'écoute de la Parole du Seigneur.

 

Les lectures de la messe de ce dimanche (premier jour de la semaine) mettent en valeur l'accomplissement de ce qui a été annoncé par les prophètes. Avec le grand témoin qu'est Jean Baptiste, nous sommes invités, avec humilité, à contempler le Christ venu, manifesté, pour sauver tout homme. C'est donc avec le Christ "Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde", que nous pouvons de la meilleure des manières lire, méditer, prier les oracles prophétiques proposés à notre lectio quotidienne cette semaine.


Cet article est l'un des derniers de ce blog. En effet, le nouveau site de la lectio divina est maintenant prêt à être lancé ; ce qui devrait se faire durant cette semaine. Désormais donc, c'est sur le site lui-même que vous retrouverez ces articles. 

Nous vous en informerons. 


 

Sainte lectio divina

Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 00:39

Ce cri du prophète trouve une extraordinaire réponse de la part du Seigneur dans l'événement du Baptême de Jésus que nous avons célébré ce dimanche: les cieux se sont ouverts, ils se sont déchirés. Et la voix céleste révèle le Père tout autant que le Fils, accomplissant ainsi ce que le prophète avait entrevu : "Seigneur, tu es notre Père" (Is 64,7).

 

Désormais, avec le Baptême de Jésus, tout est en place pour que nous entrions, après le temps de Noël et de l'Epiphanie, dans le temps ordinaire ; un temps ordinaire durant lequel le Seigneur ne cessera de se révéler et de se manifester à nous jour après jour. La lectio divina nous permet de vivre quotidiennement l'expérience de ce compagnonnage avec Jésus. Sa Parole nous rejoint pour manifester sa présence. 

 

Nous le savons bien, le Dimanche est pour les chrétiens le Premier jour d'une semaine nouvelle. La Parole de Dieu reçue dans la liturgie dominicale, enrichie par ce qui est reçu chaque jour dans la lectio divina, nous est donnée pour éclairer toute la semaine. 

 

Pour cette semaine, en priant et en méditant ces textes d'Isaïe, nous pouvons garder en mémoire la voix du Père : "tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis tout mon amour". Cette parole nous invite en effet tout à la fois à contempler le Christ comme le Fils bien-aimé du Père, et à nous reconnaître également, depuis notre baptême, comme les enfants bien-aimés du Père. Ce cri d'émerveillement du Père concernant le Christ, est le même que le Père prononce sur chacun de nous. C'est ainsi qu'il nous voit. 

 

Sainte lectio divina


Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 11:30

Le samedi, dernier jour de la semaine pour un chrétien, c'est avec Marie que l'Eglise nous invite à relire notre semaine, à nous remettre en mémoire la Parole de Dieu reçue le dimanche précédent (fête de l'Epiphanie du Seigneur) et qui a nourri toute notre semaine. 

Nous pouvons prendre le temps avec la Vierge Marie de reprendre aussi tel ou tel texte de la lectio quotidienne de cette semaine, et de les garder en nos coeurs comme elle le faisait. Nous pouvons choisir tel ou tel verset qui a éclairé notre prière de cette semaine, le noter, l'apprendre par coeur, le méditer...

 

Pour accompagner la lectio divina de ce samedi, nous vous proposons un extrait de de la récente exhortation apostolique de Benoît XVI sur la Parole de Dieu (§ 124) :

 Cette relation intime entre la Parole de Dieu et la joie est manifestée avec évidence chez la Mère de Dieu. Rappelons les paroles de sainte Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplis- sement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur» (Lc 1, 45). Marie est bienheureuse parce qu’elle a la foi, qu’elle a cru, et que dans cette foi, elle a accueilli dans son sein le Verbe de Dieu pour le donner au monde. La joie provenant de la Parole peut maintenant s’étendre à tous ceux qui, dans la foi, se laissent transformer par la Parole de Dieu. L’Évangile de Luc nous présente à travers deux textes ce Mystère d’écoute et de joie. Jésus affirme: «Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (8, 21). Et, face à l’exclamation d’une femme qui, au milieu de la foule, entend exalter le ventre qui l’a porté et le sein qui l’a allaité, Jésus révèle le secret de la vraie joie: «Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent!» (Lc 11, 28). Jésus indique la vraie grandeur de Marie, en ouvrant ainsi à chacun de nous la possibilité de cette béatitude qui naît de la Parole écoutée et mise en pratique. C’est pourquoi, à tous les Chrétiens, je rappelle que notre relation personnelle et communautaire avec Dieu dépend de l’accroissement de notre fa- miliarité avec la Parole divine. Enfin, je m’adresse à tous les hommes, également à ceux qui se sont éloignés de l’Église, qui ont abandonné la foi ou qui n’ont jamais entendu l’annonce du salut. À chacun, le Seigneur dit : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).

 

Sainte lectio divina


Un problème d'expédition des fiches de lectio divina.
Sachez que nous avons rencontré un problème, depuis début janvier, dans l'envoi des fiches hebdomadaires de lectio divina aux adresses mail en "@orange.fr" et en "@wanadoo.fr". Pour une raison qui nous échappe, et qui semble tenir à France Telecom, les messages ont été reçu plus de 24 h après leur envoi, et sans les pièces jointes. Cela serait peut-être dû au langage html utilisé pour ces messages. 
Le problème semble maintenant résolu. Nous vous présentons nos excuses pour ce désagrément. Si vous n'avez pas reçu les feuilles hebdomadaires, n'hésitez donc pas à nous le dire, nous vous les renverrons. Sainte lectio divina. 
Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 12:05

"Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre,

c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit" (Lc 4)


Ce verset se trouve dans l'Evangile de la messe de ce jour qui nous encourage à la persévérance dans l'accueil quotidien de la Parole de Dieu.

Nous sommes depuis le début de l'Avent, et encore pour deux semaines, engagés dans un "parcours de lectio divina" qui nous fait prier les chapitres 56 à 66 du Livre d'Isaïe. Le texte que Jésus a lu dans la synagogue de Nazareth se trouve précisément dans cet ensemble de chapitres que nous prions en lectio divina. 

 


Pour ceux qui nous rejoignent ces jours-ci, et qui découvrent le site et le blog de la lectio divina (vous êtes très nombreux – plusieurs centaines d'inscriptions depuis le début de la semaine) : 

– vous pouvez prendre en cours de route le parcours dans lequel nous sommes engagés (Is 56 - 66)

– mais vous pouvez aussi prendre le temps durant 15 jours de faire un des "parcours de découverte", proposés sur le site de la lectio divina. 

– Dans deux semaines, nous entrerons dans un nouveau parcours de lectio divina (Jn 1 - 4) ; vous pourrez alors nous accompagner dans cette belle aventure de la lectio divina quotidienne à l'aide du programme proposé.

– Nous vous invitons à vous inscrire dès maintenant (sur le site de la lectio divina). Ainsi, vous recevrez déjà des documents introductifs, et lorsque nous entamerons notre nouveau parcours de lectio divina, vous recevrez automatiquement les feuilles hebdomadaires.

 

Sainte lectio divina à tous

 

 

  

 

 

Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 09:46

"Les nations verront ta justice

et tous les rois ta gloire,

Alors on t'appellera d'un nom nouveau

que la bouche du Seigneur désignera" (Is 62, 2)

 

La fête de l'Epiphanie que nous célébrons en ce dimanche nous invite à la joie du salut et à l'action de grâce pour l'ampleur de ce salut qui, dans le Christ, veut rejoindre chacun, aussi loin soit-il. Tel est bien le sens de la lectio de ces jours. Ces textes du "3e Isaïe" ont en effet porté cette promesse qui s'accomplit dans l'incarnation du Verbe de Dieu. 


Is 62 (lectio de ce jour et de demain) contient une image qui s'appuie sur le prophète Osée et se déploie dans le Cantique des Cantiques : l'alliance du Seigneur avec son peuple, avec l'humanité, est décrite en termes d'épousailles, d'amour sponsal. Ce thème sera repris par Jean le Baptiste qui se décrit lui-même comme "l'ami de l'époux". Celui-ci, dans la cérémonie du mariage en Orient, avait la responsabilité de mettre en présence l'époux et l'épouse, en conduisant l'épouse jusqu'à la demeure de son époux. Telle est le témoignage de Jean Baptiste, qui le comble de joie : "au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas"; "c'est pour qu'il fût manifesté que je suis venu". La mission du Baptiste devient la nôtre, celle de l'Eglise : mettre en lien, en communion, chaque personne avec le Christ. 

 

La bénédiction solennelle de cette solennité nous le rappelle : 

"Aujourd'hui, le Christ s'est manifesté au monde, il est la lumière qui en dissipe les ténèbres; marchez avec lui, pleins de confiance et que Dieu fasse de vous des lumières pour guider vos frères sur leurs chemins".

Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 00:20

"L'Esprit du Seigneur est sur moi,

parce qu'il m'a consacré par l'onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance

et aux aveugles le retour à la vue...

proclamer une année de grâce du Seigneur" (Is 61 et Lc 4)

 

Ces versets qui font partie de la lectio divina de ces deux derniers jours contiennent toute la signification chrétienne du passage à une nouvelle année :

demander au Seigneur qu'il fasse, pour chacun de nous, de cette année qui s'ouvre, une "année de grâce" durant laquelle la Bonne Nouvelle pourra toucher les coeurs des pauvres que nous sommes; une année durant laquelle nous pourront devenir à la suite du Christ des témoins de cette Bonne Nouvelle pour tous ceux que nous rencontrerons. 

Selon le calendrier chrétien, l'année est certes déjà commencée depuis le début de l'Avent. Mais en ce moment où à travers le monde s'échangent des voeux à l'occasion du passage à une nouvelle année civile, nous pouvons joindre les nôtres, en confiant ce monde à la Vierge Marie, Mère de Dieu que nous célébrons le 1er janvier. 


Dans la lumière de Noël, que nous célébrons tous les jours de cette octave, nous vous adressons donc nos voeux que nous formulons avec les mots de l'Ecriture tout d'abord, puis avec ceux du Saint Père:

"Que le Seigneur vous bénisse et vous garde!
Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu'il se penche vers vous!
Que le Seigneur tourne vers vous son visage et vous comble de sa paix" (cf. Nb 6, 22-27)
Que chacune de nos journées soit façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe du Père fait chair : il est à l’origine et à la fin et « tout subsiste en lui » (Col1, 17). Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer, afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. De cette façon, l’Église se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement (cf. 1 P 1, 25; Is40, 8). Ainsi, nous pourrons nous aussi entrer dans le grand dialogue nuptial par lequel se clôt l’Écriture Sainte: «L’Esprit et l’Épouse disent: ‘Viens!’ [...] Celui qui témoigne de tout cela déclare: ‘Oui, je viens sans tarder.’ – Amen! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 17.20). 
BENOÎT XVI
 

 

  

 

Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 12:31

Nous nous apprêtons, avec le début du Temps de l'Avent, à entrer dans une nouvelle année liturgique. Ce peut être l'occasion, en nous appuyant sur la grâce propre de ces moments de "commencements" de renouveler ou d'approfondir encore notre dialogue avec le Christ dans la lecture priante et quotidienne de la Parole de Dieu.

Pour accompagner ce début d'une nouvelle année de grâce avec le Christ, nous vous proposons les paragraphes de la dernière exhortation du Saint Père consacrés à la lectio divina. 

 

La lecture orante de la Sainte Écriture et la ‘Lectio divina’

86. Le Synode a insisté à plusieurs reprises sur l’exigence d’une approche priante du texte sacré comme élément fondamental de la vie spirituelle de tout croyant, dans les divers ministères et états de vie, en se référant notamment à la Lectio divina. La Parole de Dieu est, en effet, à la base de toute spiritualité chrétienne authentique. Les Pères synodaux se sont ainsi mis en syntonie avec ce qu’affirme la Constitution dogmatique Dei Verbum : « Que les fidèles (...) approchent de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela ou par d’autres méthodes qui, avec l’approbation et le soin qu’en prennent les Pasteurs de l’Église, se répandent de manière louable partout de notre temps. Mais la prière – qu’on se le rappelle – doit accompagner la lecture de la Sainte Écriture ».  La réflexion conciliaire entendait reprendre la grande Tradition patristique qui a toujours recommandé d’approcher l’Écriture en établissant un dialogue avec Dieu. Comme le dit saint Augustin : « Ta prière est ta parole adressée à Dieu. Quand tu lis, c’est Dieu qui te parle ; quand tu pries, c’est toi qui parles avec Dieu». Ori- gène, l’un des maîtres de cette lecture de la Bible, soutient que l’intelligence des Écritures demande, plus encore que l’étude, l’intimité avec le Christ et la prière. Il est convaincu, en effet, que la voie privilégiée pour connaître Dieu est l’amour, et que l’on n’acquiert pas une authentique scientia Christi sans s’éprendre de Lui. Dans la Lettre à Grégoire, le grand théologien d’Alexandrie recommande: «Applique-toi principalement à la lecture des divines Écritures: applique-toi bien à cela (...) En t’appliquant à les lire avec l’intention de croire et de plaire à Dieu, frappe, dans ta lecture, à la porte de ce qui est fermé, et il t’ouvrira, le portier dont Jésus a dit : “À celui-là le portier ouvre”. En t’ap- pliquant à cette divine lecture, cherche avec droi- ture et avec une confiance inébranlable en Dieu le sens des divins Écrits, caché au grand nombre. Ne te contente pas de frapper et de chercher, car il est absolument nécessaire de prier pour comprendre les choses divines. C’est pour nous y exhorter que le Sauveur a dit non seulement : “Frappez et l’on vous ouvrira” et “Cherchez et vous trouverez”, mais aussi : “Demandez et l’on vous donnera” ».

Toutefois, à ce propos, il faut éviter le risque d’une approche individualiste, en se rappelant que la Parole de Dieu nous est précisément donnée pour construire la communion, pour nous unir dans la vérité durant notre marche vers Dieu. C’est une Parole qui s’adresse à chacun personnellement, mais c’est aussi une Parole qui construit la com- munauté, qui construit l’Église. C’est pourquoi le texte sacré doit toujours être abordé dans la communion ecclésiale. En effet, « il est très important d’effectuer une lecture communautaire (...), car le sujet vivant de l’Écriture Sainte c’est le Peuple de Dieu, c’est l’Église. (...) L’Écriture n’appartient pas au passé, car son sujet, le Peuple de Dieu inspiré par Dieu lui-même, est toujours le même, et la Parole est donc toujours vivante dans le sujet vivant. C’est pourquoi il est important de lire l’Écriture Sainte et d’entendre l’Écriture Sainte dans la communion de l’Église, c’est-à-dire avec tous les grands témoins de cette Parole, en commençant par les premiers Pères jusqu’aux saints d’aujourd’hui, jusqu’au Magistère actuel ».

Par conséquent, dans la lecture orante de l’Écriture Sainte, le lieu privilégié est la liturgie, l’Eucharistie en particulier, durant laquelle, en célébrant le Corps et le Sang du Christ présent dans le Sacrement, se rend présente parmi nous la Parole elle-même. En un certain sens, la lecture priante, personnelle et communautaire, doit tou- jours être vécue en relation avec la célébration eucharistique. Comme l’adoration eucharistique prépare, accompagne et continue la célébration eucharistique, de même la lecture priante, per- sonnelle et communautaire, prépare, accompagne et approfondit ce que l’Église célèbre en proclamant la Parole, dans le cadre liturgique. En mettant en aussi étroite relation Lectio et liturgie, on peut mieux saisir les critères qui doivent guider cette lecture dans le contexte de la pastorale et de la vie spirituelle du Peuple de Dieu.


87. Dans les documents qui ont préparé et accompagné le Synode, on a parlé de diverses mé- thodes pour approcher avec fruit et dans la foi les Écritures Saintes. Toutefois, l’attention la plus grande a été portée sur la Lectio divina, qui «est capable d’ouvrir au fidèle le trésor de la Parole de Dieu, et de provoquer ainsi la rencontre avec le Christ, Parole divine vivante.». Je voudrais rappeler brièvement ici ses étapes fondamentales : elle s’ouvre par la lecture (lectio) du texte qui pro- voque une question portant sur la connaissance authentique de son contenu: que dit en soi le texte biblique ? Sans cette étape, le texte risquerait de de- venir seulement un prétexte pour ne jamais sortir de nos pensées. S’en suit la méditation (meditatio) qui pose la question suivante: que nous dit le texte biblique ? Ici, chacun personnellement, mais aussi en tant que réalité communautaire, doit se laisser toucher et remettre en question, car il ne s’agit pas de considérer des paroles prononcées dans le passé mais dans le présent. L’on arrive ainsi à la prière (oratio) qui suppose cette autre question : que disons-nous au Seigneur en réponse à sa Parole? La prière comme requête, intercession, action de grâce et louange, est la première manière par la- quelle la Parole nous transforme. Enfin, la Lectio divina se termine par la contemplation (contemplatio), au cours de laquelle nous adoptons, comme don de Dieu, le même regard que lui pour juger la réalité, et nous nous demandons: quelle conversion de l’esprit, du cœur et de la vie le Seigneur nous demande- t-il ? Saint Paul, dans la Lettre aux Romains affirme : «Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est ca- pable de lui plaire, ce qui est parfait» (12, 2). La contemplation, en effet, tend à créer en nous une vision sapientielle de la réalité, conforme à Dieu, et à former en nous «la pensée du Christ» (1 Co 2, 16). La Parole de Dieu se présente ici comme un critère de discernement : « elle est vivante, (...) énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l’âme, jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12). Il est bon, ensuite, de rappeler que la Lectio divina ne s’achève pas dans sa dynamique tant qu’elle ne débouche pas dans l’action (actio), qui porte l’exis- tence croyante à se faire don pour les autres dans la charité.

Ces étapes se trouvent synthétisées et résu- mées de manière sublime dans la figure de la Mère de Dieu, modèle pour tous les fidèles de l’accueil docile de la Parole divine. Elle «conservait avec soin toutes ces choses, en les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19 ; cf. 2, 51), elle savait trouver le lien profond qui unit les événements, les faits et les réalités, apparem- ment disjoints, dans le grand dessein de Dieu.

Je voudrais rappeler en outre ce qui a été re- commandé durant le Synode en ce qui concerne l’importance de la lecture personnelle de l’Écri- ture, aussi comme pratique pénitentielle, qui prévoit la possibilité, selon les dispositions habi- tuelles de l’Église, d’acquérir l’indulgence, pour soi ou pour les défunts.  La pratique de l’indul- gence299 implique la doctrine des mérites infinis du Christ – que l’Église, comme Ministre de la Rédemption, dispense et applique, mais implique également celle de la communion des saints et nous dit «combien nous sommes unis intime- ment dans le Christ les uns avec les autres et com- bien la vie surnaturelle de chacun peut bénéficier aux autres».300 Dans cette perspective, la lecture de la Parole de Dieu nous soutient dans notre iti- néraire de pénitence et de conversion, nous per- met d’approfondir le sens de notre appartenance ecclésiale et nous soutient dans une familiarité plus grande avec Dieu. Comme l’affirmait saint Ambroise: lorsque nous prenons en main avec foi les Écritures Saintes et les lisons avec l’Église, l’homme revient se promener avec Dieu dans le paradis.

 

 


 

 

Nous vous souhaitons une très bonne Nouvelle Année liturgique.

 


 

 

  

 

Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 11:34

La lectio divina de ce jour (Is 57,3-13) est une invitation à la conversion, et surtout une dénonciation très vive de ce qu'on appelait à l'époque l'idolâtrie et qui correspond aujourd'hui à toutes les formes de superstitions. Is 57, 12-13 précise qu'elles ne procurent aucun profit et invite à se confier dans le Seigneur. 

 


Durant cette dernière semaine de l'année liturgique que nous commençons aujourd'hui nous vous proposons sur ce blog quelques extraits de la récente exhortation apostolique de Benoît XVI sur la Parole de Dieu. Pour aujourd'hui, ce sera un extrait du paragraphe 124 :

 

e) La Parole de Dieu, le mariage et la famille

85. Le Synode a éprouvé la nécessité de souligner aussi le rapport entre la Parole de Dieu, le mariage et la famille chrétienne. En effet, « en annonçant la Parole de Dieu, l’Église révèle à la famille chrétienne sa véritable identité, autrement dit ce qu’elle est et ce qu’elle doit être selon le dessein du Seigneur ».  Il faut donc ne jamais perdre de vue que la Parole de Dieu est à l’origine du mariage (cf. Gn 2, 24) et que Jésus lui-même a voulu inclure le mariage parmi les institutions de son Royaume (cf. Mt 19, 4-8), faisant un Sacrement de ce qui était inscrit à l’origine dans la nature humaine. « Dans la célébration sacramentelle, l’homme et la femme prononcent une parole prophétique de don mutuel, d’être “une seule chair”, signe du Mystère de l’union du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 31-32)».  La fidélité à la Parole de Dieu amène également à constater qu’aujourd’hui cette institution est attaquée sous de nombreux aspects par la mentalité ambiante. Face au désordre général des sentiments et à l’apparition de modes de pensée qui banalisent le corps humain et la différence sexuelle, la Parole de Dieu réaffirme la bonté originelle de l’être humain, créé homme et femme, et appelé à l’amour fidèle, réciproque et fécond.


Du grand Mystère nuptial, provient une incontournable responsabilité des parents à l’égard de leurs enfants. En effet, c’est à la paternité et à la maternité vécues de façon authentique qu’il revient de communiquer et de témoigner du sens de la vie dans le Christ: à travers leur fidélité et l’unité de la vie de famille, les époux sont pour leurs enfants les premiers messagers de la Parole de Dieu. La communauté ecclésiale doit les soutenir et les aider à développer la prière en famille, l’écoute de la Parole et la connaissance de la Bible. C’est pourquoi le Synode souhaite que chaque foyer ait sa Bible et la conserve dignement, afin de pouvoir la lire et l’utiliser dans la prière. L’aide nécessaire peut être fournie par les prêtres, les diacres ou les laïcs bien préparés. Le Synode a recommandé aussi la création de petites communautés composées de familles, où l’on pratique la prière et la méditation commune de passages choisis des Écritures.  Que les époux se rappellent, en outre, « que la Parole de Dieu est aussi un précieux soutien dans les difficultés de la vie conjugale et familiale ».

 


Dans ce contexte, je désire souligner encore ce que le Synode a recommandé au sujet de la tâche des femmes à l’égard de la Parole de Dieu. La contribution du « génie féminin » – comme l’appelait le Pape Jean-Paul II,  – à la connaissance de l’Écriture et à la vie entière de l’Église, est plus grande aujourd’hui que par le passé et touche aussi dé- sormais le domaine des études bibliques elles-mêmes. Le Synode s’est arrêté en particulier sur le rôle indispensable des femmes dans la famille et dans l’éducation, dans la catéchèse, dans la transmission des valeurs. En effet, elles « savent susciter l’écoute de la Parole, la relation personnelle avec Dieu et transmettre le sens du pardon et du partage évangélique », comme elles savent aussi être porteuses d’amour, modèles de miséricorde et artisans de paix, communicatrices de chaleur et d’humanité dans un monde qui, trop souvent, juge les personnes selon les critères froids de l’exploitation et du profit.

 

 

 

  

 

 



Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 18:51

"Mon salut est près d'arriver

et ma justice de se révéler" (Is 56,1)

 

C'est sur cette perspective que s'ouvre la troisième partie du Livre d'Isaïe. Les chapitres 56 à 66 sont composés d'oracles qui méditent sur le salut qui est donné, mais qui doit encore être accueilli dans les coeurs, pour que les croyants vivent conformément à ce salut. 

 

Le nouveau parcours de lectio divina que nous commençons aujourd'hui nous accompagnera durant tout le temps de l'Avent (proche maintenant) et durant le temps de Noël. La Parole de Dieu dans le texte d'Isaïe nous aidera à vivre ces temps liturgiques forts en restant "fermement attachés à l'alliance du Seigneur" (Is 56, 6).

 


Durant cette dernière semaine de l'année liturgique que nous commençons aujourd'hui nous vous proposons sur ce blog quelques extraits de la récente exhortation apostolique de Benoît XVI sur la Parole de Dieu. Pour ce soir, ce sera un extrait du paragraphe 124 :

 

Que chacune de nos journées soit façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe du Père fait chair : il est à l’origine et à la fin et « tout subsiste en lui » (Col 1, 17). Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la médi- ter, afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. De cette façon, l’Église se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement (cf. 1 P 1, 25; Is 40, 8). Ainsi, nous pourrons nous aussi entrer dans le grand dialogue nuptial par lequel se clôt l’Écriture Sainte: «L’Esprit et l’Épouse disent: ‘Viens!’ [...] Celui qui témoigne de tout cela déclare: ‘Oui, je viens sans tarder.’ – Amen! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 17.20).

 

 



COMMENT VIVRE CETTE PREMIÈRE ÉTAPE : LA LECTURE PRIANTE DU TEXTE

Ceux qui ont commencé il y a peu à vivre la lectio divina quotidienne ont pu être surpris de ne plus voir, pour ces quatre jours, les références complémentaires. C'est à dessein que nous vous proposons, dans un premier temps, une lecture simple et continue du texte biblique choisi, en l'occurrence le Livre de Jonas. Dans quelques jours, vous retrouverez la seconde et la troisième lecture proposée de ce texte accompagnées par des lectures complémentaires.

 

 
Cette première étape présente deux intérêts, dans le cadre de la pédagogie de la lectio divina : 
 
– tout d'abord, vous donner l'occasion de lire un texte biblique dans sa longueur, dans sa continuité et sa cohérence, sans choisir, sans éviter ce qui est a priori moins facile à comprendre ou à accepter.
 
– ensuite, vous ouvrir à la première étape de la lectio diivna : la LECTURE priante, la "lectio" (cf. notre site : http://www.lectiodivina.cef.fr/etapes.html#lectio), sans passer trop rapidement à la seconde étape qu'est la méditation.
 
Rendez-vous disponibles pour cette lecture priante vécue sous la lumière de l’Esprit-Saint. N’oubliez pas qu’elle est d’abord une nourriture spirituelle, c’est-à-dire qu’il faut le temps de l’assimiler avant de chercher à enrichir notre connaissance intellectuelle.
 
Par Christophe de Dreuille - Publié dans : LD sur Is 56-66
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