« Répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication
évangélique », avons-nous prié il y a quelques jours (oraison de la Pentecôte). C’est à cette lumière
de la fécondité du don de l’Esprit Saint que nous pouvons situer de la manière la plus juste « l’Année saint Paul » voulue par Benoît XVI pour célébrer le bimillénaire de la naissance
de l’Apôtre des Nations. Cette année commencera le 28 juin prochain pour s’achever le 29 juin 2009. « Chers frères et sœurs, comme aux commencements, aujourd'hui aussi le Christ a
besoin d'apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes. Il a besoin de témoins et de martyrs comme saint Paul : autrefois violent persécuteur des chrétiens, lorsque sur le chemin de Damas il tomba à
terre ébloui par la lumière divine, il passa sans hésitation du côté du Crucifié et il le suivit sans regret. Il vécut et travailla pour le Christ ; pour Lui, il souffrit et il mourut. Combien
son exemple est aujourd'hui d'actualité ! », disait le Saint Père en promulguant cette Année jubilaire (cf homélie du 2 juillet
2007). Dans la même homélie, parmi les initiatives qu’il souhaitait voir se développer à l’occasion de ces célébrations pauliniennes, il insistait sur la
dimension œcuménique de l’événement : « L'Apôtre des nations, particulièrement engagé dans l'annonce de la Bonne Nouvelle à tous les peuples, s'est totalement prodigué pour
l'unité et la concorde entre tous les chrétiens. Veuille-t-il nous guider et nous protéger dans cette célébration bimillénaire, en nous aidant à progresser dans la recherche humble et sincère de
la pleine unité de tous les membres du Corps mystique du Christ ».
Saint Paul et ses épîtres
Depuis sa conversion sur la route de Damas, et jusque dans le suprême témoignage du martyre, Paul sera toute sa vie un témoin passionné, infatigable, mettant au service de l’annonce de l’Evangile
tout ce qu’il est, son tempérament fougueux et entier, les multiples facettes de son identité, son enracinement dans la tradition de ses Pères, son statut de citoyen romain, sa formation à la
rhétorique hellénistique... Comme l’avaient jadis expérimenté les prophètes, c’est sa personne tout entière qui a été saisie par ce Mystère, qui s’est consumée au feu de l’amour de Dieu, et qui
se livre aux destinataires de ses enseignements.
Le Corpus paulinien rassemble les premiers écrits chrétiens, bien avant la rédaction des quatre Evangiles, et couvre, à partir de 50 ap. JC (avec la 1ère épître aux Thessaloniciens),
plus d’une décennie de relations épistolaires avec les communautés qu’il a fondées ou qu’il souhaite visiter.
En étudiant ces enseignements délivrés à tant de communautés et de disciples, le lecteur attentif de ce Corpus pourra suivre l’élaboration progressive de la formulation du contenu de la foi au
Christ, provoquée par la nécessité d’un enseignement clair sur les exigences du comportement chrétien, et sous les coups de boutoir des hérésies et des fausses interprétations de toutes sortes.
Ces épîtres recèlent des clefs de lectures décisives pour entrer dans le développement des mystères de la foi chrétienne tels que le déploieront les Pères de l’Eglise et tels que la tradition les
résumera dans le Credo de Nicée-Constantinople. Ces épîtres ont enfin gardé la mémoire de quelques fragments d’hymnes des premiers chrétiens qui n’ont pas été conservées ailleurs.
La richesse de son enseignement, saint Paul la puise à deux sources.
- Sa profonde connaissance des Écritures : il en a probablement été imprégné depuis son enfance, il les a ensuite scrutées en s’inscrivant dans la tradition pharisienne et s’est alors mis à
leur service avec toute la fougue de sa jeunesse.
- Sa rencontre sur le chemin de Damas qui l’a mis face à la véritable clef des Ecritures. Il a alors fait l’expérience fondatrice, non seulement de la rencontre avec le Ressuscité, mais surtout,
dans cette rencontre elle-même, de l’unité du Christ et des croyants, de la présence du Christ dans les disciples qu’il poursuivait alors : Je suis Jésus que tu
persécutes. C’est bien la figure du Serviteur souffrant, annoncée par le livre d’Isaïe, qui lui est soudainement apparue dans le Christ environné de lumière
qui l’avait terrassé sur la route. C’est cette même figure qui lui a révélé enfin la dimension de son propre ministère à venir : Moi-même, dit
Jésus, je lui montrerai tout ce qu’il devra souffrir pour mon Nom. Cette illumination sur la route de Damas constitue peut-être le secret de
l’infaillible espérance dont témoignent ses épîtres de la Captivité, de sa confiance inébranlable dans la présence du Christ à ses côtés au plus profond de ses épreuves apostoliques.
Comment vivre l’Année Saint Paul ?
Tout d’abord en redécouvrant les épîtres pauliniennes, en les lisant dans leur longueur et en les priant. Ce peut être l’occasion de découvrir la lectio divina, cette lecture priante des textes
de la Parole de Dieu.
Ensuite en participant aux initiatives diocésaines proposées par le Service des Pèlerinages et par le Centre Billé, en lien avec les paroisses et les services diocésains, pour l’année à venir.
« Saint Paul nous enseigne qu’il est important de mettre Jésus Christ au centre de notre vie, pour qu’il marque notre être tout entier. L’Apôtre nous partage aussi son désir d’annoncer à
tous sans exception l’Évangile, Bonne Nouvelle de grâce qui réconcilie l’homme avec Dieu, avec lui-même et avec les autres » (Benoît XVI – 25 octobre
2006).